La justice définit que les tribunaux de la sécurité sociale doivent statuer sur les demandes de pension spéciale pour les orphelins de féminicide

La chambre régionale d’uniformisation des tribunaux spéciaux fédéraux de la 4e région (TRU/JEFs) a consolidé une compréhension fondamentale pour la protection sociale des mineurs en situation de vulnérabilité extrême : la juridiction pour traiter et juger les demandes de pension spéciale pour les orphelins de féminicide appartient aux tribunaux fédéraux spécialisés en matière de sécurité sociale ou d’aide sociale. La décision, qui uniformise l’interprétation de la loi 14.717/2023, écarte le jugement des tribunaux civils ordinaires, garantissant que les magistrats familiarisés avec le système de sécurité sociale examinent les demandes de ces personnes à charge.
La nature juridique de la prestation et la loi 14.717/2023
Pour comprendre la décision de la TRU4, il est nécessaire d’analyser l’origine et la finalité de la loi 14.717/2023. Ce texte législatif a été institué pour offrir un soutien financier immédiat aux enfants et aux personnes à charge des femmes victimes de féminicide, en cherchant à atténuer l’impact dévastateur que ce crime cause au sein de la famille et sur le développement des enfants et des adolescents concernés.
Bien qu’elle soit techniquement appelée « pension », la nature juridique de cette prestation n’est pas de sécurité sociale stricto sensu, mais plutôt d’aide sociale. Contrairement à la pension de décès ordinaire, qui exige que l’assuré décédé ait cotisé à l’INSS, la pension spéciale pour les orphelins de féminicide ne dépend pas des cotisations préalables de la victime. L’accent est mis sur la vulnérabilité socio-économique et le fait tragique du crime.
“La pension spéciale pour les orphelins de féminicide a une relation ombilicale avec l’aide sociale, ressemblant en termes opérationnels et budgétaires à la prestation de continuité (BPC/LOAS).”
Le cas concret : le conflit de compétence
Le débat juridique a pris de l’ampleur après un conflit de compétence soulevé par le 2e tribunal fédéral de Passo Fundo (RS). Dans le cas en question, le tuteur légal de trois enfants (âgés de deux à sept ans), dont la mère a été victime de féminicide commis par le propre père des enfants en 2024, a intenté une action en justice après un refus administratif de l’INSS.
L’autarcie de la sécurité sociale avait rejeté la prestation en alléguant que la mère ne possédait pas la « qualité d’assurée » à la date du décès. Toutefois, en analysant l’affaire, les magistrats ont observé que l’exigence de qualité d’assurée est un critère pour les prestations de sécurité sociale contributives, tandis que la nouvelle loi exige seulement que le revenu familial par habitant soit égal ou inférieur à un quart du salaire minimum.
Pourquoi les tribunaux de la sécurité sociale ont-ils été choisis ?
Le choix des tribunaux de la sécurité sociale et de l’aide sociale n’a pas été arbitraire. Le collège de la TRU4, sous la direction du juge fédéral Oscar Alberto Mezzaroba Tomazoni, a fondé sa décision sur trois piliers techniques essentiels :
- Mise en œuvre par l’INSS : La loi attribue expressément à l’Institut national de la sécurité sociale la responsabilité de gérer, d’analyser et de verser la prestation.
- Source de financement : Le paiement provient du budget de la sécurité sociale, plus précisément de la rubrique destinée à l’aide sociale, conformément à l’article 3 de la loi 14.717/2023.
- Critère de sélectivité : Tout comme pour le BPC, l’octroi est lié à des critères de revenu et de vulnérabilité, une expertise technique que les juges de la sécurité sociale possèdent dans leur routine judiciaire.
Impacts pour les avocats et pour la société
Cette décision apporte une sécurité juridique significative pour les avocats qui travaillent dans ce domaine. L’introduction de l’action en justice devant le tribunal compétent dès le début évite les annulations de procédure, les déclinaisons de compétence et, par conséquent, le retard injustifié dans la fourniture d’une prestation qui a un caractère vital urgent.
De plus, la spécialisation des juges de la sécurité sociale permet une analyse plus sensible et technique des concepts de noyau familial et de misère. Pour les enfants bénéficiaires, cela signifie que le pouvoir judiciaire est structuré pour répondre avec la célérité que la situation d’orphelin exige.
Conditions d’octroi de la pension spéciale
Il est important de souligner les exigences légales qui doivent être prouvées dans ces actions devant les tribunaux de la sécurité sociale :
- Décès par féminicide : Preuve que la mort de la mère résulte d’un crime de genre, conformément au droit pénal.
- Âge : Le bénéficiaire doit être âgé de moins de 18 ans à la date du décès.
- Revenu familial : Le revenu mensuel par habitant du groupe familial doit être inférieur ou égal à 1/4 du salaire minimum.
- Interdiction de cumul : La prestation ne peut être cumulée avec les pensions des régimes de sécurité sociale (RPPS ou RGPS).
Conclusion
La pacification de cette compréhension par la TRU4 renforce le caractère protecteur du système de sécurité sociale brésilien. En orientant les orphelins de féminicide vers la justice fédérale de la sécurité sociale, le tribunal reconnaît que l’État doit agir de manière intégrée, en utilisant sa structure d’analyse de l’aide sociale la plus robuste pour soutenir ceux qui ont perdu leurs soutiens dans des contextes de violence extrême.
La décision sert désormais de référence pour tout le sud du pays et de précédent pertinent pour les autres régions fédérales, garantissant que le droit est un instrument de réparation et de survie pour les victimes collatérales de la violence domestique.