Le Sénat approuve la restructuration des carrières fédérales avec plus de 24 000 nouveaux postes, dont 13 000 pour les enseignants

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Le Sénat approuve une restructuration globale des carrières fédérales axée sur l’éducation
Le Plénum du Sénat fédéral a approuvé, le 10 mars 2026, un projet de loi émanant du pouvoir exécutif qui promet l’une des plus grandes restructurations de la fonction publique fédérale de l’histoire du pays. Le projet de loi (PL) 5.874/2025 non seulement réorganise et valorise diverses carrières, mais introduit également la création de plus de 24 000 nouveaux postes permanents, avec un accent significatif sur le secteur de l’éducation.
Parmi les prévisions les plus marquantes, le projet prévoit la création de 3 800 nouveaux postes de professeurs pour l’enseignement supérieur et de plus de 9 500 pour les instituts fédéraux d’éducation, de science et de technologie, totalisant environ 13 000 nouveaux enseignants. Outre l’expansion des effectifs, la proposition innove en établissant l’élection directe des recteurs par la communauté universitaire, institue des incitations pour les fonctionnaires technico-administratifs dans l’éducation et prévoit la création de l’Institut fédéral du Sertão Paraibano (IFSertãoPB). Après l’approbation au Sénat, le texte est maintenant soumis à la sanction présidentielle, une étape cruciale pour son entrée en vigueur dans la législation brésilienne.
Un jalon dans la valorisation de la fonction publique
Le rapporteur du projet, le sénateur Randolfe Rodrigues (PT-AP), chef du gouvernement au Congrès national, a souligné l’ampleur de l’initiative, affirmant qu’environ 270 000 fonctionnaires fédéraux bénéficieront d’une manière ou d’une autre des changements proposés. En assistant au vote, accompagné du président de la Chambre des députés, Hugo Motta, et de la ministre de la Gestion et de l’Innovation dans les services publics, Esther Dweck, Randolfe a réaffirmé qu’il s’agit du plus grand plan de restructuration et de valorisation des carrières de la fonction publique jamais mis en œuvre au Brésil. Il a souligné le rôle du gouvernement du président Lula dans l’élaboration du projet, soulignant l’engagement envers la démocratie et le renforcement des institutions.
Lors de son discours, le sénateur Randolfe Rodrigues a tenu à mentionner que le projet approuvé étend également les fonctions de gratification pour indemnisation de frontière à diverses catégories de fonctionnaires. De plus, il rouvre le délai pour que les anciens fonctionnaires d’Amapá puissent être transférés au cadre de l’Union. Le rapporteur, dans une démarche assertive pour garantir la célérité du projet, a rejeté les 94 amendements proposés par les sénateurs, maintenant l’intégrité de la proposition originale de l’Exécutif.
Détails de la création de postes et des restructurations
L’approbation du PL 5.874/2025 représente un investissement significatif dans la capacité opérationnelle et stratégique de l’État brésilien. La création de plus de 24 000 nouveaux postes permanents couvre divers domaines, reflétant une demande de renforcement et de qualification dans différents secteurs. Les détails de la répartition de ces postes sont les suivants :
- Agence nationale de surveillance sanitaire (Anvisa) :
- 200 nouveaux postes de spécialiste en réglementation et surveillance sanitaire.
- 25 de technicien en réglementation et surveillance sanitaire.
- Universités fédérales :
- 3 800 nouveaux postes de professeur de l’enseignement supérieur.
- 2 200 d’analyste en éducation.
- Réseau fédéral d’éducation professionnelle, scientifique et technologique :
- 9 587 nouveaux postes de professeur de l’enseignement de base, technique et technologique.
- 4 286 de technicien en éducation.
- 2 490 d’analyste en éducation.
- Ministère de la Gestion et de l’Innovation (MGI) :
- 750 nouveaux postes d’analyste technique du développement socio-économique.
- 750 d’analyste technique de la Justice et de la Défense.
Outre la création de postes, le projet institue le Cadre Supplémentaire en Extinction d’Analyste de Systèmes et de Traitement de Données au MGI. Ce mécanisme vise une transition progressive, où les fonctionnaires actuels restent à leurs postes, mais les nouveaux remplacements par concours public sont interrompus, conduisant à l’extinction progressive des postes à mesure qu’ils se libèrent.
Autres mesures cruciales approuvées
Le projet de loi va au-delà de la création de postes, intégrant une série d’autres changements importants pour la fonction publique :
Programme de reconnaissance des savoirs et des compétences (PRSC)
L’un des points soulignés par le rapporteur est la création du Programme de reconnaissance des savoirs et des compétences dans l’éducation. Ce programme bénéficiera aux techniciens administratifs qui travaillent dans le réseau public d’enseignement de base et supérieur, en offrant un supplément de qualification. L’initiative reconnaît l’importance de l’expérience et des connaissances pratiques de ces professionnels pour la qualité de l’éducation.
Nouveaux tableaux et extension des avantages
- Rémunération : Établissement de nouveaux tableaux de rémunération pour les postes de médecin et de médecin vétérinaire du plan de carrière de l’Éducation.
- Culture : Modification du plan spécial des postes de la Culture, visant une valorisation des professionnels du secteur.
- Fiscale et douanière : Nouveaux tableaux de rémunération pour la carrière fiscale et douanière du Receita Federal et de l’Auditoria-Fiscal do Trabalho.
- Expert fédéral territorial : Réorganisation de la carrière d’expert fédéral territorial.
- Défense civile : Possibilité de travail en régime spécial de quarts ou d’échelles à la Secrétariat National de Défense Civile, reconnaissant la nature continue et urgente de ses activités.
- Indemnisation de frontière : Extension du droit à l’indemnisation pour l’exercice dans des unités de frontières internationales, incluant désormais les fonctionnaires du Service Forestier Brésilien, de l’ICMBio, de l’Anvisa et de l’Agence Brésilienne de Renseignement (Abin).
La nouvelle carrière d’Analyste Technique du Pouvoir Exécutif Fédéral (ATE)
L’une des innovations les plus significatives est la création de la carrière d’analyste technique du Pouvoir Exécutif Fédéral (ATE). Cette carrière unifiée sera formée par la transformation de 6 900 postes vacants de diverses spécialités administratives, actuellement répartis dans différents organes. Les professionnels ayant une formation dans des domaines cruciaux tels que l’administration, la comptabilité, la bibliothéconomie et l’archivistique intégreront cette carrière unique, avec une affectation au Ministère de la Gestion et de l’Innovation (MGI).
La rémunération de ces fonctionnaires sera composée d’un traitement de base et de la Gratification de Performance des Activités Exécutives (GDATE). La GDATE pourra atteindre jusqu’à 100 points, chaque point étant évalué à 61,20 R$. Sa distribution sera basée sur l’évaluation individuelle (jusqu’à 20 points) et sur les résultats institutionnels (jusqu’à 80 points). Il est important de souligner que les avantages personnels déjà perçus par les fonctionnaires seront préservés et, en cas de réduction de la rémunération après la migration, un Avantage Personnel Nominalement Identifié (VPNI) sera créé pour compenser la différence. Avec le reclassement prévu pour avril 2026, le sommet de la carrière pourra atteindre environ 15,8 mille R$.
Le développement dans la carrière ATE dépendra de critères clairs : progression après 12 mois dans chaque standard et obtention d’un score minimum dans les évaluations de performance. La promotion entre les classes exigera un score additionnel, lié à l’expérience professionnelle, à la formation et à la qualification académique des fonctionnaires.
Gratifications et régimes spéciaux de travail
Gratification Temporaire d’Exécution et d’Appui
Le projet prévoit également la création de la Gratification Temporaire d’Exécution et d’Appui aux Activités Techniques et Administratives. Cet avantage sera destiné aux fonctionnaires qui ne sont pas liés à des carrières structurées, mais qui exercent des fonctions essentielles dans divers organes de l’Exécutif. Elles seront limitées à 4 430 gratifications pour les postes de niveau supérieur et à 32 550 pour les postes de niveau intermédiaire, garantissant une reconnaissance financière à ces travailleurs.
Régimes de permanence et de quarts alternés
La législation encadre également la possibilité d’adopter des régimes de permanence ou de quarts alternés pour les fonctionnaires fédéraux dont les activités exigent une prestation continue de services. Cela permettra la mise en œuvre de journées différenciées, comme des quarts de six heures par jour ou des régimes de permanence pour les services qui fonctionnent 24 heures sur 24. Pour les fonctionnaires de l’organe central du Système National de Protection et de Défense Civile, le texte autorise des journées supérieures à huit heures par jour dans des contextes de surveillance, de prévention et de réponse aux catastrophes, reconnaissant la criticité de leurs fonctions.
Simplification administrative et valorisation
Évaluation médicale par télémédecine
Un changement administratif moderne et pragmatique est l’autorisation de réaliser des examens médico-légaux par télémédecine ou analyse documentaire. Cette mesure vise à simplifier les procédures d’évaluation médicale des fonctionnaires, en optimisant les ressources et le temps. De plus, le projet réajuste la rémunération des postes de médecin et de médecin vétérinaire dans le Plan de Carrière des Postes Technico-Administratifs en Éducation, renforçant la valorisation de ces professions.
Réajustements pour les Auditeurs Fiscaux
Le PL incorpore également des dispositions résultant de négociations salariales avec les carrières de la fonction publique fédérale. Pour les auditeurs fiscaux du Receita Federal et du Travail, par exemple, le texte prévoit un réajustement de 9,22 % dans la dernière classe de la carrière. La prime d’efficacité et de productivité versée à ces fonctionnaires pourra atteindre environ 11,5 mille R$ en 2026, avec l’augmentation du pourcentage de cette prime pour les retraités et les pensionnés ayant une plus longue période de retraite, garantissant l’équité et la reconnaissance.
Démocratisation de la gestion universitaire : Recteurs élus
L’une des modifications les plus attendues et qui reflète une avancée démocratique significative est la modification du processus de choix des recteurs des universités fédérales. Les règles actuelles permettent que, après consultation de la communauté universitaire, les institutions transmettent une liste de trois noms au gouvernement fédéral, et le président de la République peut choisir l’un des noms. Le texte approuvé élimine l’exigence de la liste de trois noms, déterminant que la désignation du recteur doit désormais refléter directement le résultat de la consultation interne. Ce changement responsabilise la communauté académique et renforce l’autonomie universitaire.
Impact budgétaire
Les mesures contenues dans le projet de loi, qui impliquent la restructuration des carrières, la création de postes et les réajustements, auront un impact budgétaire considérable. Selon les estimations du gouvernement, cet impact est d’environ 4,16 milliards de R$ en 2026, suivi de 5,6 milliards de R$ en 2027 et 2028. Un investissement qui reflète la priorité accordée à la modernisation et à la valorisation de la fonction publique fédérale.
Considérations finales
L’approbation du PL 5.874/2025 par le Sénat fédéral est un moment décisif pour la fonction publique brésilienne. Elle représente un effort continu de modernisation, de valorisation et de renforcement des institutions fédérales, avec un regard particulier sur l’éducation, un pilier fondamental pour le développement du pays. L’attente se concentre maintenant sur la sanction présidentielle pour que ces importants changements deviennent une réalité pour des milliers de fonctionnaires et pour la population brésilienne.