STF marque un jugement sur la retraite obligatoire des employés du secteur public à 75 ans

La Cour suprême fédérale (STF) a programmé un jugement d’une extrême importance pour l’administration publique brésilienne : la définition de l’applicabilité immédiate de la retraite obligatoire à 75 ans pour les employés du secteur public, conformément aux modifications apportées par la Réforme des retraites de 2019 (amendement constitutionnel 103/2019).
Le contexte du jugement à la STF
Le ministre Flávio Dino a rendu public pour la session plénière virtuelle le jugement qui définira l’avenir fonctionnel de milliers de travailleurs employés par des entreprises publiques et des sociétés d’économie mixte. La controverse centrale réside dans la question de savoir si la règle de la retraite obligatoire, prévue à l’article 201, § 16, de la Constitution fédérale, a un effet plein et immédiat ou si elle dépend d’une loi complémentaire spécifique pour réglementer le licenciement de ces professionnels.
L’affaire à l’origine de la répercussion générale concerne une ancienne employée de la Companhia Nacional de Abastecimento (Conab). Après avoir atteint l’âge de 75 ans, son contrat a été résilié en raison de la limite d’âge. La défense soutient que l’application automatique de la règle viole les droits du travail et que la STF a déjà des précédents indiquant que la retraite obligatoire ne s’étendrait pas, à l’origine, aux employés régis par le CLT, même dans le secteur public.
La thèse du rapporteur : Ministre Gilmar Mendes
Pour le rapporteur de l’affaire, le ministre Gilmar Mendes, la règle introduite par la réforme des retraites est auto-applicable. Dans son vote, le magistrat souligne que l’objectif de la règle est de promouvoir la rotation des postes publics et de garantir la viabilité du système de retraite, quelle que soit la nature du lien juridique (statutaire ou celetista).
“S’agissant d’une retraite obligatoire – et non spontanée – la mise à la retraite de l’employé est indépendante de la volonté de l’employé ou de l’employeur, l’atteinte de la limite d’âge ainsi que la durée minimale de cotisation étant des conditions suffisantes pour sa mise à la retraite.”
Selon l’interprétation qui a déjà recueilli les votes favorables des ministres Alexandre de Moraes, Cristiano Zanin et Dias Toffoli, l’employé du secteur public qui atteint l’âge de 75 ans sera automatiquement licencié, à condition qu’il ait effectué la durée minimale de cotisation. S’il n’a pas le temps nécessaire, il devra rester en poste jusqu’à ce qu’il atteigne cette exigence de base en matière de retraite.
Impacts sur les entreprises d’État et les sociétés d’économie mixte
La décision aura une “Répercussion Générale”, ce qui signifie que l’interprétation fixée par la STF devra être suivie par tous les tribunaux du pays. L’impact pratique est vaste, affectant directement des géants tels que :
- Petrobras (Société d’Économie Mixte) ;
- Banco do Brasil et Caixa Econômica Federal ;
- Correios et Conab ;
- Entreprises publiques étatiques, districtes et municipales d’assainissement et d’énergie.
Jusqu’alors, il existait une insécurité juridique quant à la possibilité pour ces travailleurs de rester à leur poste indéfiniment ou d’être soumis à la même “expulsion” que celle qui touche les juges, les procureurs et les fonctionnaires statutaires.
Différence entre retraite spontanée et retraite obligatoire
Il est essentiel de distinguer les deux institutions juridiquement. La retraite spontanée se produit par la volonté du travailleur et, conformément à la jurisprudence consolidée de la STF (ADIs 1.721 et 1.770), ne rompt pas automatiquement le lien de travail. La retraite obligatoire est une imposition constitutionnelle basée sur le critère de l’âge.
Le défi auquel la Cour suprême est confrontée est de concilier la protection de l’emploi prévue dans le CLT avec la règle constitutionnelle qui limite l’exercice des fonctions publiques jusqu’à un certain âge. Si la STF confirme l’application immédiate, il ne sera pas nécessaire de payer une amende de 40 % du FGTS ou un préavis indemnisé en raison de la nature de la résiliation, qui découle d’une détermination légale/constitutionnelle insurmontable.
Conclusion et prochaines étapes
Le jugement devrait avoir lieu en mode virtuel. Les spécialistes soulignent que la tendance est à la confirmation de la thèse du ministre Gilmar Mendes, établissant une normalisation nécessaire pour le secteur public. Toutefois, la demande de vue de Flávio Dino a démontré qu’il y a encore des points de réflexion sur la manière dont cette transition devrait se dérouler pour ceux qui exercent déjà la fonction.
Restez attentif aux mises à jour juridiques, car cette décision définira l’avenir de la carrière de milliers de Brésiliens qui ont consacré des décennies au service public sous le régime celetista et qui sont maintenant confrontés au plafond d’âge de la période productive dans l’État.